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Les instruments en liturgie

S’appuyant sur le texte du SNPLS Musiciens en liturgie et l’article n°120 de Sacrosanctum Concilium, une juste utilisation d’instruments complémentaires à l’orgue par défaut (lorsqu’il en manque) ou par excès (que des talents locaux sont à disposition, en plus) est possible.

« L’Eglise n’écarte des actions liturgiques aucun genre de musique sacrée pourvu qu’il s’accorde avec l’esprit de l’action liturgique elle-même et avec la nature de chacune des parties, pourvu qu’il n’empêche pas une juste participation active du peuple. » [1]

Tout comme l’organiste et le chanteur, l’instrumentiste liturgique est :

  • au service de la prière de l’assemblée qu’il favorise par une attitude digne et le sérieux de son action. Dans son jeu, il peut aussi exprimer sa propre prière.

  • cohérent avec le mystère célébré pour accompagner l’action liturgique, prépare ou prolonge la Parole entendue (n’a pas forcément à être visibles du moment qu’il est entendu).

  • soumis à la durée et au sens de l’action préludée, accompagnée ou postludée (procession, acclamation, méditation, dialogue…), confronté à l’imprévu de raccourcir, prolonger ou supprimer une pièce musicale pour le bon équilibre de la célébration.

Ses compétences et qualités requises sont:

  • d’être formé, préparé à jouer en public des partitions écrites et travaillées, ou/et de s’adonner à l’art d’improviser qui se travaille.

  • de donner le meilleur de soi en soignant la qualité du jeu (justesse, timbre, phrasé, nuances…)

  • d’être en capacité d’écoute, d’intégration à un groupe, et tenir compte de l’acoustique du lieu et la dimension de l’assemblée pour le volume sonore (ne pas couvrir le chant ni dénaturer le son des autres)

  • de respirer, phraser et nuancer en suivant les voix (de l’assemblée, du célébrant, de la chorale, du chantre)

  • de trouver sa juste place dans la célébration (mise en œuvre préparée, réfléchie, équilibrée et soignée) en s’adaptant aux styles musicaux (classique, gospel, bysantin, choral, modal, folk,…) selon qu’il est instrument harmonique (claviers, guitare, harpe, cithare), percussif (qui rythme) ou mélodique (cordes, cuivres, bois), car tous ne jouent pas tout le temps.

Les communautés et paroisses peuvent donc :

  • solliciter les talents locaux compétents de tous âges (jeunes ou avancés).

  • trouver une personne compétente pour les coordonner, voir les diriger(pourquoi pas l’organiste…).

  • soigner l’orchestration et les associations de timbres (le rendu sonore diffère selon quel instrument joue). Les instruments aigus n’ont pas pour rôle de jouer la partie assemblée mais plutôt de dialoguer avec elle (contrechants, interludes…). Si certaines combinaisons instrumentales ne sont pas satisfaisantes, préférer des alternances.

  • considérer l’instrumentiste liturgique comme  un « ministère » de service, et non comme une « occupation » ou une « exhibition ».

 «  Il ne fait pas qu’apporter une décoration, il ne sacrifie pas le service de la liturgie à sa propre expression mais permet au chant sacré de trouver sa plénitude. C’est dire la haute responsabilité du musicien d’Eglise qui exerce une véritable « fonction ministérielle »[2] »[3].

 

Les instruments en liturgie

[1] Musicam Sacram,  instruction sur la musique dans la liturgie, n°9, elle-même référence aux articles 8 et 116 de Sacrosanctum Concilium.

[2] Rituel de bénédiction d’un orgue, n° 1057

[3] Charte des organistes liturgiques, n°1

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