SNAPE

St Jacques d'Abbeville

Pierre Dumoulin nous demande de publier l’avis ci-dessous :

Chers amis,

Certes, ce qui arrive à St Jacques d'Abbeville aujourd'hui est infiniment regrettable. Malheureusement, c'est le cas de bien des chapelles, bien des églises en France qui, faute d'un entretien régulier et, aussi, en raison d'une fréquentation en baisse ou inexistante, ont ainsi d'abord été fermées, puis progressivement abandonnées avant d'être parfois "reconverties" (en habitation privée, en restaurant en Anjou, en mosquée ailleurs...) ou bien encore détruites, souvent dans l'indifférence générale. On connaît donc les causes générales de cette situation, même si on en ignore les ressorts cachés. Le sujet est bien trop vaste pour être abordé ici. On pourra toutefois consulter à ce sujet le site de l'Observatoire du Patrimoine religieux qui ouvre ses pages, précisément, sur la destruction de l'église St Jacques d'Abbeville. (http://www.patrimoine-religieux.fr/#haut).

orgueStJacques AbbevilleToutefois, pour qu'une action collective de défense d'un bien cultuel et culturel puisse être crédible, encore ne faudrait-il pas ce laisser emporter par un lyrisme excessif et qualifier de "chef d'oeuvre de l'art français" un instrument dont le type ainsi que l'exécution ne sont pas si rares dans nos églises. Ce n'est pas un jugement de valeur, mais un simple constat. En outre, comme cela a été justement signalé à l'occasion de ce mouvement d'opinion, cet orgue a fait l'objet de plusieurs transformations depuis son édification, ce qui relativise son authenticité.

Ce qui, évidemment, ne justifie en rien que ses composants soient "brocantés" ou mis à la décharge!

Il faut savoir, aussi, que des orgues semblables à celui d'Abbeville - dont certains "protégés" au titre de monuments historiques - voient leur composition ou leur structure transformée en toute impunité à l'occasion de travaux effectués en toute discrétion par un facteur, alors qu'ils sont abrités dans des édifices en parfait état et largement fréquentés.

Je me souviens de la remarque fort pertinente souvent formulée par Loïc Métrope : "La loi de 1913 sur les monuments historiques est une loi de Police et non une loi de Finances".

Sans doute... Mais jusqu'où?

A fortiori quand ni l'instrument ni l'édifice ne sont protégés!

Bien cordialement,

Pierre Dumoulin, ancien chargé de mission pour les orgues d'Ile-de-France à l'ARIAM

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