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Quelques pensées Article de Juan BIAVA (président)

juanbiavaVoici quelques thèses pour provoquer vos réflexions, cher lecteur. Les commenter, les disséquer, les contredire, les enrichir, voilà leur raison d'être. Notre intention : faire que bientôt on reconnaisse la nécessité des musiciens compétents au service de la liturgie. La profession des musiciens des cultes reconnue profitera non seulement à la liturgie mais surtout aux assemblées qui la célèbrent. Pour les mêmes raisons que l'on n'expose pas dans une église n'importe quel tableau on ne doit pas y laisser sonner n'importe quel musique.

 

  1. Depuis que l'homme existe il a accompagné, interprété, ornementé, approfondi, inspiré chaque événement important de sa vie grâce à la musique : la naissance, le mariage, la mort, la guerre, la paix, etc.
  2. Toutes les civilisations ont établi et respecté les genres musicaux correspondants aux divers événements, lieux, communautés. Les chrétiens, depuis la Pentecôte, ont chanté lors de leurs célébrations.
  3. L'Eglise romaine a adoptée le chant des peuples du Moyen Orient qui, en terre européenne a évolué en chant dit grégorien ou plain-chant. Très tôt on utilisa l'orgue pour accompagner et soutenir le chant des assemblées.
  4. L'orgue est l'instrument "total" Il peut se comparer à l'orchestre symphonique. Par son souffle et la tenue indéfinie des sons il se confond avec la voix humaine et l'amplifie. Par la diversité, la qualité, la puissance et la douceur de ses voix (ses jeux), il peut commenter un texte, interpeller, calmer, réveiller ou endormir une assemblée.
  5. Dans l'église l'orgue se place derrière l'assemblée. Invisible et immobile il fait un seul cœur et un seul souffle avec l'assemblée. L'orgue n'est pas dans l'église pour se montrer, la musique n'est pas un spectacle. L'organiste rester invisible. Il ne touche pas aux claviers pour qu'on l'admire. Son accomplissement est d'amener l'assemblée à chanter car tout être humain parce qu'humain est chanteur.
  6. Jusqu'au XVIII siècle les plus grands musiciens ont écrit et joué leur musique "pour la gloire de Dieu et le profit des hommes" Le XIX siècle, affirmant la primauté de l'homme individu inventa la "race supérieure" de ceux qui sont capables de faire pour que les autres se taisent. Hegel, Beethoven, Napoléon…
  7. Le concile de Vatican II, en abandonnant latin comme langue liturgique a provoqué l'abandon du répertoire grégorien. Donnant aux assemblées une participation active dans la liturgie l'idée s'est imposée de vouloir que tout le monde chante tout. On a de la sorte introduit dans la liturgie le genre "chanson" ou cantiques à refrain. La mélodie et le rythme toujours les mêmes on forcé le texte à s'adapter.
  8. La musique sacrée est la quintessence de la musique. Passant par l'oreille, elle dépasse l'émotion et la sensation, réalités individuelles et liées à la matière, pour atteindre l'âme qui est individu et au delà, l'esprit qui mesure l'individu aux dimensions de la communauté: la musique liturgique réalise l'unité des individus qui composent une assemblée sans qu'ils aient besoin de se toucher, de se regarder. Ceci permet à chacun de ne point s'attarder aux défauts des autres, écueil à la communication vraie.
  9. L'Eglise est un "sacrement" Le sacrement est un signe efficace. Par la musique l'assemblée des fidèles qui célèbrent la liturgie devient sacrement.
  10. La musique au service du verbe est le signe vivant dont l'existence dépend du souffle (Esprit) Une assemblée qui ne chante pas n'est pas un signe "un seul cœur, un seul souffle"
  11. La musique de l'Eglise n'est pas un spectacle. La musique de l'Eglise transcende le niveau du sentiment épidermique et de circonstance
  12. La musique de l'Eglise est la musique "du Texte"
  13. L'orgue est l'instrument propre à la musique de l'Eglise latine.
  14. La musique dans l'Eglise n'est pas un article de consommation. La musique liturgique fait partie du message que l'Eglise porte, raison de son existence.
  15. La musique dans l'Eglise n'est pas un agrément ni un décor.
  16. La musique dans l'Eglise concerne tous les intervenants: le clergé, le chantre, l'organiste et l'assemblée entière.
  17. La musique exige un travail persévérant: pour l'organiste c'est un vrai métier.
  18. Le service de la liturgie exige le respect d'une hiérarchie. Le clergé, le maître de chapelle et l'organiste sont les autorités naturelles pour tout ce qui fait à la musique dans l'Eglise.
  19. La Convention collective des musiciens des cultes donne un cadre juridique nécessaire au bon fonctionnement de la musique dans l'Eglise.
  20. La liturgie de Vatican II attend des musiciens une musique de qualité, selon l'esprit de la liturgie, conforme aux nouveaux textes tant liturgiques qu'administratifs: charte des organistes et charte des chanteurs. On ne s'improvise pas musicien dans l'Eglise.
  21. La musique pour la liturgie de Vatican II doit tenir compte de chacun des acteurs de l'action liturgique: le célébrant (qui doit pouvoir chanter) le chanteur soliste, la chorale et l'assemblée des fidèles de sorte que chacun ait à assurer des textes musicaux techniquement accessibles à leurs niveaux de maîtrise de l'art musical.
  22. Les mélodies et les rythmes de la rue ou des médias (chansons, marches, etc.) doivent se transcender pour servir la liturgie de l'Eglise.
  23. L'Eglise est le lieu et l'occasion où les exclus de la richesse et de la culture doivent pouvoir découvrir les trésors des arts: architecture, peinture et musique.

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