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La Carte Professionnelle des Musiciens du Culte Catholique

juanbiava

La Carte Professionnelle des Musiciens du Culte Catholique

Pourquoi ? Comment fonctionne-t-elle ? Est-elle utile ? Qui l’octroie ? Que doit-on faire pour l’obtenir ?

J’essaierai de répondre aux questions posées par de nombreux collègues musiciens mais aussi par les Curés des Paroisses catholiques.

 

Pourquoi une Carte Professionnelle ?

La Paroisse catholique fonctionne comme une association à but non lucratif qui aurait des permanents salariés payés par les dons des adhérents et les quêtes réalisées lors des événements qu’elle organise. Cette association a un président qui est responsable devant la loi civile et devant la loi ecclésiastique mais aussi devant les adhérents, les paroissiens qu’il est censé servir : curé parce qu’à la charge d’une cure qui voudrait signifier « prendre soin ».

Parmi les employés des paroisses on compte l’organiste.

 

Lorsqu’un curé a besoin d’embaucher un organiste, comment fait-il ?

 

Avant la Convention Collective il demandait à ses connaissances et éventuellement prenait des organistes à l’essai.

Après la Convention Collective il doit suivre la méthode arrêtée d’un commun accord entre les représentants du clergé et les représentants des artistes

musiciens des cultes.

 

Premier pas : rendre publique la vacance du poste, informer de ses caractéristiques (quantité de services, par exemple) et donner les délais pour le dépôt des candidatures.

Selon la Convention, cette annonce doit obligatoirement apparaître dans le site Internet du diocèse mais il n’est pas exclu que le SNPAMC transmette l’information par tous les moyens à sa disposition.

 

C’est ici que la Carte Professionnelle doit démontrer son utilité.

En effet, comment s’assurer de la compétence des candidats pour remplir la fonction

d’organiste du culte lorsque l’expérience a démontré que les écoles de musique forment de bons organistes qui ne savent pas ce que liturgie ou messe signifient ?

Etant donné que notre clergé, à l’image de notre société, ne brille pas par sa culture musicale, il a besoin de l’aide de musiciens pour choisir son organiste. Faudra-t-il qu’à chaque nouvelle embauche, on réunisse un jury pour auditionner les candidats ? Est-ce le curé qui convoque ce jury ? Ou bien un organiste de ses connaissances ?

 

Voilà le sens de la Carte professionnelle.

Une fois par an, on appelle les organistes qui souhaitent exercer la profession de musicien du culte catholique à passer devant un jury convoqué par les autorités diocésaines, jury qui intègre depuis quelques années un représentant de la profession, membre du bureau du SNPAMC et donc élu démocratiquement par ses collègues en Assemblée Générale.

 

Les épreuves correspondent à ce que l’on appelle organiste de Grand-Orgue.

Exemples qui font sourire: le collègue qui sera titulaire d’un petit orgue aura démontré qu’il maîtrise les grandes pièces du répertoire qui exigent au moins deux claviers et pédalier. De même, l’organiste qui passera ses dimanches à accompagner de petites mélodies de chansons moins qu’élémentaires (qui sont surtout alimentaires pour certains) aura montré sa maîtrise des modes grégoriens et son sens de l’improvisation sur le texte littéraire d’un psaume.

 

Une fois par an, donc, ce jury d’une dizaine de membres, organistes la plupart mais aussi responsables de la musique liturgique du diocèse, jugent les compétences des candidats à l’exercice de la profession.

La justice impose alors que ceux qui veulent embaucher un organiste professionnel reçoivent les candidatures de ceux qui ont réussi cet examen.

 

Ceux qui n’ont pas passé cet examen et qui aspirent à un poste précis, pour quelle raison demanderaient-ils la réunion d’un jury spécial pour l’occasion ?

Et si on convoque un jury spécial pour l’occasion, qui garantira l’impartialité de ce jury nommé par qui, d’ailleurs ?

 

Finalement, ceux qui ont passé devant le jury proposé par l’évêché et garanti par le Syndicat représentant la profession et qui délivre la Carte Professionnelle seront en droit de demander pourquoi les a-t-on piégés en leur imposant un examen qui ne sert à rien puisque, pour exercer la profession, il leur faut repasser le même examen.

 

Place maintenant à vos inquiétudes, à vos doutes, à vous questions, cher lecteur.

 

Nous avancerons ensemble ou nous n’avancerons pas du tout.

Juan R. Biava

 

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