SNAPE

Compte-rendu de la réunion de chanteurs professionnels du 17 juin 2010

chantresEtaient présents : Juan R. Biava, Liliane Blanchard, Yves Blanchard, François Borie, Emmanuel Bouquey, Laurence Esquieu, Claude Lacaume, Laure Lalo, Colomban Lebas, Claire Louchet-Destremau, Ann-Dominique Merlet, Agnès Minier, Raymond Rodriguez, Raymond Schwartz, Olivier Willemin. 

 

L’objectif de cette réunion, outre de favoriser une prise de contacts et de présenter les actions du Syndicat, fut de provoquer un échange de vues sur la situation de notre profession, comme nous l’avions déjà fait lors de rencontre d’organistes.

 

Il existe une Charte des chanteurs émanant de la Conférence des Evêques de France. Cette charte, élaborée par deux diacres exerçant en province et ignorant tout des usages en vigueur dans la zone Apostolique de Paris, n’aborde jamais le statut de chanteur professionnel, raison pour laquelle nous ne l’avons pas signée, contrairement à la charte des organistes. Elle a tout de même le mérite de mettre en avant le rôle des maîtrises et des chorales dans la liturgie, ce qui implique la présence, à défaut d’un maître de chapelle, d’un intervenant ayant suffisamment de compétences pour à la fois chanter et préparer les groupes chantants.

 

Selon la Convention Collective, la description des compétences désigne comme premier responsable le curé, et comme « expert » musical le professionnel engagé. Dans de nombreuses paroisses le curé, dépassé, nomme une « équipe liturgique » constituée de bénévoles. Nous avons obtenu que l’organiste titulaire en soit membre de droit, assurant ainsi la qualité du répertoire face à ces bénévoles qui bien souvent s’accrochent à ce qu’ils vivent comme une forme de pouvoir. Il serait logique que le chanteur titulaire intègre lui aussi cette équipe.

 

Les concessions faites à l’air du temps, le déclin d’une culture commune enracinée et le relativisme ont amené à utiliser un répertoire proche de la variété, voire de la « chansonnette ». Il faut que les chanteurs, avec les organistes, s’approprient à nouveau l’ensemble du répertoire dans le choix des programmes, en liaison avec les laïcs bénévoles pour éviter qu’ils ne l’imposent. Une exigence de qualité dans le choix des pièces pourrait aussi amener nos employeurs à revenir sur la suppression des « classes » pour le casuel, suppression venant d’une interprétation fausse de « l’esprit » du concile (impossible actuellement pour les familles de demander des polyphonies, sauf à passer par un circuit parallèle non déclaré).

 

Pour réaliser ces changements, il est indispensable que notre profession soit réellement reconnue. Il nous faut rappeler la notion de « titulaire » (avec ou sans contrat), nous plaçant de facto en situation prioritaire par rapport à des chanteurs invités (les fameux « amis de la famille » intervenant dans le casuel, amis réels ou de circonstance à l’image des groupes gospel démarchant sur internet), en insistant sur le fait que tout service chanté nous est dû.

 

La reconnaissance de notre profession impose un véritable statut. Nous allons demander le rétablissement de la carte professionnelle, et tenter de convaincre nos employeurs de n’employer que des chanteurs qui en seraient titulaires, comme nous l’avons fait pour le recrutement de nouveaux organistes. Il est bien entendu que ce point implique une mise à plat de la situation actuelle. La plupart des chanteurs exercent depuis longtemps sans carte, pour la simple raison que l’examen n’existe plus depuis près de 25 ans. Pour ceux-ci, la carte serait attribuée sur demande après constitution d’un dossier d’agrément qui ne poserait pas de problème particulier à la majorité d’entre nous : ancienneté, pluralité des employeurs, diplômes ou équivalences, lettres de recommandation émanant de curés ou d’organistes….

Une fois cette régularisation effectuée, un examen annuel permettant la délivrance de la carte serait organisé, comme pour les organistes. Une précision concernant la maîtrise du chant grégorien pourrait être annexée à la liste d’aptitude ainsi créée.

 

Enfin, la profession de « chanteur d’église » n’étant pas répertoriée dans la liste officielle des métiers, le seul statut possible pour nous (si nous n’avons pas de contrat à durée indéterminée) est celui d’intermittent du spectacle, nous donnant droit à l’allocation chômage et nous assurant une couverture. Nous allons intervenir auprès de l’Archevêché pour que l’ensemble de nos employeurs nous déclarent comme tel.

La loi, d’ailleurs, les y oblige. Plusieurs paroisses appliquent déjà ce système. Mais nous devrons faire très attention à ce que cette démarche ne soit pas contre productive.

Les curés devront oublier le concept de « spectacle », tout en acceptant de demander une « licence de spectacle » indispensable pour être agrée par le GUSO. Il nous faudra aussi familiariser les comptables à un autre régime, voire « éduquer » certaines paroisses de petite taille, surtout en banlieue, qui ont parfois recours à des comptables bénévoles. Et nous ne devrons pas oublier que ce statut d’intermittent est très fragile. L’urgence est aussi (et surtout) de convaincre les curés réticents de nous employer là ou les postes n’existent pas (ou n’existent plus, voir la Seine Saint-Denis), ne serait-ce que pour le casuel, plutôt que de passer des disques….).

 

Un groupe de travail s’est constitué pour préparer des documents sur ces différents points.

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