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Hommage à Emmanuel de Villèle

Hommage à Emmanuel de Villèle

Suite au décès de notre collègue Emmanuel de Villèle survenu le 6 mars dernier, François Polgar nous a adressé ces quelques mots, retraçant la vie et la carrière de son ami.

Depuis sa plus tendre enfance, Emmanuel de Villèle n'a su voir que ce qu'il y avait de beau, de noble et d'authentique chez chacun. Cette grandeur d'âme lui vint de sa culture choisie et de la sensibilité artistique qui l'ont animé toute sa vie.

De parents musiciens et intellectuels, Emmanuel de Villèle commença le piano dès 4 ans et montra de l'intérêt pour l'orgue dès 10 ans, accompagnant les offices au collège. Il fut remarqué par Paul Piédelièvre qui, une fois le bac en poche, l'orienta vers Paris. À cette époque, comme il n'était pas convenable dans son milieu de vivre de la musique, il fit du droit mais l'art l'emporta. Il entra à l'école César Franck sous la direction du grand maître Édouard Souberbielle, qu'il admirait autant pour son talent musical que pour son sens profond de la foi et de la liturgie. Il en sortit 5 ans plus tard diplômé avec comme satisfaction le premier grand prix d'improvisation devant son ami Michel Chapuis.

Il eut par la suite la joie de travailler principalement toutes les cantates de Bach avec Nadia Boulanger. Grand latiniste, attiré par Solesmes, il y fit son apprentissage grégorien qu'il transmit à de nombreux élèves dont la relève est aujourd'hui vivace.
À 18 ans, tout en faisant ses études, il entra au" Chœur de la Radio" comme ténor : ainsi le déchiffrage n'avait plus de secrets pour lui. Il eut la joie de chanter sous la baguette des plus grands chefs tels que Charles Munch, Manuel Rosenthal, Paul Paray entre autres.
Il participa à de nombreuses manifestations telles que le couronnement de Rainier III, des films avec Sacha Guitry, le mariage d'Eddy Barclay et bien d’autres.
Il fut titulaire des grandes orgues de Notre-Dame de l'Assomption à Paris pendant 43 ans et de l'Immaculée Conception à Boulogne durant 35 ans, tout en menant une vie de concertiste qui lui fit donner des milliers de concerts à travers le monde et dans de nombreux lieux dépourvus d'orgue, ce qui l'amena à se rendre propriétaire d'un petit Schwenkedel qui se trouve aujourd'hui dans l'église de Fromentières, le village où il passa ses dernières années.

Homme d'une grande finesse de cœur et d'esprit, il fut un mari bon, délicat et attentionné, un père et un grand-père aimant, admiratif et généreux ne disant jamais non. Ses élèves le remercient pour sa musique, sa générosité, son enthousiasme et tout ce que, en grand humaniste, il leur a apporté.

François Polgar

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